Mi-trentaine

L'une des toutes premières photos d'une équipe de La Rubrique, devant l'actuel Café-théâtre Côté-Cour.

L’une des toutes premières photos d’une équipe de La Rubrique, devant l’actuel Café-théâtre Côté-Cour.

Dans un peu plus d’un mois, nous aurons déjà atteint la moitié de notre trente-cinquième saison. Le compte sera très exact. C’est en effet à la fin de janvier 1979 que les trois fondateurs de la compagnie, Marielle Brown, Julien Fortin et Diane Maziade,  l’ont enregistrée en bonne et due forme, en vue de leur premier spectacle, Le Temps de la boîte à lunch est passé, créé le 5 mai 1979, ici même sur le mont Jacob.

Comme c’est l’habitude depuis que nous sommes devenus diffuseurs, les semaines et les spectacles se succèdent à un rythme effarant depuis la rentrée. Cependant le blogue n’a pas été alimenté depuis les vacances estivales, la faute à votre humble serviteur qui a été tenu à l’écart du jeu pendant une partie de la saison pour une vilaine blessure.

Cinq spectacles ont été présentés chez nous depuis octobre. Moi dans les ruines rouges du siècle nous a fait voyager dans le temps et l’espace, et le Chant de Georges Boivin dans l’âge. La salle a croulé sous les rires aigus des centaines des petits spectateurs de Clip! et de L’Oubliette. Le Carrousel les a également fait rêver avec Nuit d’orage.

À la veille de la pause des fêtes, on entrevoit naturellement ce qui s’en vient. Cette année, la question se pose à plusieurs niveaux pour la compagnie. D’abord le reste de la saison, avec un retour en danse en janvier et surtout notre coproduction avec le Trillium d’Ottawa qui prendra l’affiche en mars.

Il y a aussi le gigantesque dossier du festival dédié aux arts de la marionnette, que le milieu théâtral saguenéen fera renaître de ses cendres. Institution régionale, La Rubrique fournira dans cette renaissance la fondation administrative et promotionnelle en partenariat avec plusieurs compagnies d’ici. Artisan de la première heure de l’identité de diffuseur de la compagnie, Benoît Lagrandeur prolongera son travail au sein de ce nouveau festival en partageant la direction artistique avec Dany Lefrançois de La Tortue noire.

Denis Leclerc et Guylaine Rivard dans cette production du milieu des années 1980.

Denis Leclerc et Guylaine Rivard dans Comédie policière, au milieu des années 1980.

Enfin, cet anniversaire, ces trente-cinq années, âge vénérable de votre humble serviteur soit dit en passant, nous poussent à réfléchir au futur de La Rubrique. Notre responsabilité dans ce festival représente un bel aboutissement de notre expertise et c’est sans doute l’aspect le plus emballant de ce que le futur nous réserve.

Bien sûr, c’est aussi l’occasion de replonger dans les souvenirs, dans la magie des moments que seuls les gens de théâtre savent créer, et dont l’histoire de la compagnie est jalonnée. Comment évaluer la somme de tous les souvenirs laissés aux spectateurs et que chacun garde pour soi? Pêle-mêle, j’ai devant moi des photos d’archive, comme autant de fragments de mémoire. Jolie Josée Beaumont dans Charleston, une jeune Guylaine Rivard dans Comédie Policière. Les équipes magiques des Feluettes ou des Vacarmes. Le couple déchirant formé par Nadia Simard et Stéfane Guignard dans Laguna Beach, et tellement d’autres images, d’autres paroles encore. Les soirées du trente-cinquième anniversaire, tenues les 24 et 25 janvier prochains, seront l’occasion de revoir plusieurs de ces personnages. Je vous en reparlerai bientôt.

Les vacarmes

Les Vacarmes, 1996. Esther Jones, Ricky Tremblay, Denis Leclerc

Le monde du théâtre, son système, approchent une croisée des chemins. Le financement, de plus en plus serré et de moins en moins motivé par une volonté artistique, est questionnée par les créateurs. La Rubrique, acteur de la première heure du système actuel, sera appelée à se repositionner, à la fois face aux exigences des subventionneurs et face à celle d’un public jeune et dont les habitudes culturelles sont radicalement différentes.

Plusieurs jeunes compagnies québécoises posent la question de la succession des directions et du rapport qui existe entre leur longévité et leur part du gâteau de l’argent public dédié à la discipline. La question, parfois formulée aussi brutalement que dans une optique de mort assistée des compagnies institutionnelles, nous interpelle directement. Ce trente-cinquième est l’occasion d’y réfléchir. Et dans cette réflexion, les spectateurs ont plus que leur mot à dire. Ce que nous faisons nous le faisons pour eux.

Alors si l’envie vous prend de discuter en toute franchise de l’avenir de La Rubrique, de ses bons coups et de ses moins bons, n’hésitez pas à commenter ici!

Relance du Festival International de la marionnette à Saguenay, Revue JEU, 26 septembre 2013

Doit-on euthanasier les compagnies de théâtre vieillissantes?, Philippe Couture, Voir Montréal, 5 novembre 2013

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