D’Après moi

Hier soir, Les Éternels pigistes ont donné lieu à plusieurs beaux moments. Non seulement sur la scène, où ils ont livré une performance à la hauteur de leur notoriété. Mais aussi tout autour, dans la salle, dans les loges, dans les corridors du centre culturel, dans les rencontres qu’a suscité ce rendez-vous entre près de 400 personnes autour d’une soirée de théâtre. Le tout sous le prétexte d’un théâtre humain qui parle aux humains.

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Des gens qui, je crois, avaient été invités à La Liberté, qui n’avaient jamais fréquenté le théâtre auparavant, ont fait le premier pas, très décidé ce pas, vers Benoît. Pour lui dire à quel point ils avaient aimé la pièce, le traitement, le sujet, son jeu. Avec beaucoup d’insistance, très saine, très franche. Ces mêmes gens qui sont revenus hier et qui étaient tout à fait confortables en s’adressant aux Bégin, Vincent, Coquereau, Charlebois, Paquette (merveilleux Pier Paquette), parlaient d’égal à égal avec ceux qui jusque là étaient des images médiatiques. Figures du petit ou du grand écran. Dieu sait que ça en jette.

Mais non. Ce soir, pendant cette discussion, spectateurs et comédiens étaient d’égal à égal, concitoyens qui font leur part et reconnaissent l’apport de l’autre. Un peu ce dont parle Après moi finalement. Une dame s’est confiée, a parlé de son expérience de spectatrice de l’intérieur, de façon intime. Et ce faisant, elle nous a fait un bien fou, à nous et aux artistes. Il n’arrive pas si souvent qu’il soit si évident que nous faisons ce qu’il faut. Ce qu’il faut pour que les gens vivent des beaux moments, des émotions. Un peu d’air dans les sombres perspectives de bien des quotidiens.

En tout cas un plaisir partagé et spontané de la rencontre, de l’échange, tout ça grâce à l’oeuvre, aux gens qui la font, aux gens qui s’y ouvrent. Et un peu grâce aux gens qui la diffusent. Bon d’accord, beaucoup, si vous y tenez.

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Comme le jeu de Pier Paquette passe de la violence à la politesse quand son monsieur Gagnon réalise qu’il pète une coche à quelqu’un qui ne le mérite pas. Comme quand le personnage de Bégin, si maladroit, parfois si méprisant malgré lui, démontre pourtant qu’il aime tellement ses congénères. Il ne sait pas trop comment, c’est tout. Alors, c’est un peu nous que l’on voit…

Se voir au théâtre… Voilà ce qu’ont les comédiens, voilà ce qui fascine. Ils sont là à être nous pour nous aider à nous comprendre. Quand en plus ils nous aident, par leur parole et celle de leur dramaturge, à nous parler, alors c’est mission accomplie. Merci, bonsoir, à bientôt j’espère et au plaisir de vous revoir!

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