Pas (encore) de coupons pour Les Belles Soeurs!

Après Paris, Jonquière… bientôt…!

Nous avons eu une belle surprise en début de semaine, en découvrant un article du Quotidien annonçant la venue en région, et chez nous pour quatre soirs, du grand spectacle du Théâtre d’Aujourd’hui Les Belles Soeurs, la fameuse comédie musicale alliant les mots de Tremblay aux accords de Bélanger et au savoir faire de René-Richard Cyr.

Tout à fait! L’information est exacte, mais voici quelques précisions. Les représentations sont prévues du 15 au 18 novembre 2012, et nous avons pu témoigner du large lectorat du Quotidien puisque six mois avant la venue du spectacle, nous sommes déjà inondés d’appels!

Malheureusement, l’annonce publique n’émanait pas de nous. Et il s’avère qu’elle est un peu prématurée. Pour des raisons de gestion et parce que quelques détails restent à préciser, les billets ne seront pas mis en vente avant le début du mois de mai. Aucune date n’est confirmée pour l’instant.

D’ici là, nous ne pouvons malheureusement prendre de réservations.  Nous annoncerons publiquement la mise en vente des billets en temps et lieu. On vous tient au courant, ne vous en faites pas. Et n’hésitez pas à transmettre l’information si vous entendez quelqu’un parler du spectacle!

En tout cas, comme on dit, c’est un beau problème, et ça augure drôlement bien pour la venue de ces chères dames du faubourg à m’lasse! En attendant cependant, il ne faut pas se chicaner pour des coupons.

SOS compassion

Ce mercredi avait lieu la conclusion publique de l’activité bénéfice de l’organisme de clowns thérapeutiques SoS Clowns. Si vous ne connaissez pas déjà le travail de ces gens-là, je vous invite à visiter leur site pour en apprendre plus sur eux.

Cet événement bénéfice baptisé « Diagnostic 29 » s’est déroulé dans un Côté-Cour à guichet fermé. Il est bon de voir qu’une tranche de la population reconnaît la pertinence et la qualité de cet organisme fondé par la comédienne Josée Gagnon, une habituée chez nous. Parce que, puisque nous avons avec l’article sur Les Belles Soeurs un nouvel exemple de la grande portée des médias, le discours public n’est pas toujours flatteur à l’endroit d’actions comme celles que tient SoS Clowns.

Cette semaine, le sujet est revenu dans les médias, alors que le ministre Bolduc a parlé aux journalistes de ces phoques mécaniques réagissant au toucher, que l’on confie à nos vieux esseulés, sous-stimulés. Le pauvre ministre ne le savait peut-être pas, mais il ouvrait la porte au sarcasme public et à celui de certains médias pour qui toute occasion est bonne de contester les décisions gouvernementales. À cette dénonciation des phoques (décidément un animal problématique chez nous…), on ne tarde pas à associer l’annonce controversée de la ministre des aînés il y a quelques années, sur son soutien à des approches comme les clowns thérapeutiques.

La réalité, c’est que nos vieux n’ont pas seulement besoin d’être gavés ou lavés. Ils ont besoin d’interaction, d’humour, de tendresse, d’un peu de spectacle. Qu’on leur donne des phoques n’est pas ridicule. C’est d’une tristesse sans nom. Parce que faute d’humains on leur donne un robot. On peut aussi, 5 minutes une fois ou deux par mois, leur envoyer un clown, qui n’infantilise personne. Seulement, il apporte un peu de gaieté dans des contextes difficiles, pour ne pas dire pénibles. Le travail de ces comédiens est remarquable, justement parce qu’au premier abord ils ne sont pas toujours les bienvenus. Public difficile qu’est ce malade ou cette vieille dame confuse. Et pourtant, les clowns d’SoS Clowns le gagnent à force de sensibilité et de créativité.  

Cela est pratiqué dans un cadre éthique. Il ne s’agit pas d’aller faire le pitre. Le contacts sont sincères et profonds, entre un rayon de soleil trop rare et cette personne dans son lit, que

Pierre Tremblay - Docteur Chabidou Wa

personne ne vient voir, ou qui souffre seule. L’équipe d’Sos Clowns est composée de comédiens professionnels. Vous les connaissez puisque vous lisez ce blogue et que vous fréquentez ainsi forcément le théâtre saguenéen. On peut parier qu’ils trouvent pour leur part, dans cette facette inusitée de leur pratique du jeu, une dimension humaniste et une richesse autre que ce que la scène leur apporte.

Bravo à cet organisme dont le franc succès de l’activité bénéfice assurera, on l’espère, la continuité dans ces soins de l’âme qu’il ne faut surtout pas négliger.

« Et vous êtes arrivées. Dr Lily-Fleur depeau et Dr Go!. Vous l’avez fait rire aux éclats. Votre intervention était respectueuse, simple, calme, juste assez. J’ai pleuré en réalisant que cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu mon enfant rire. En fait, j’avais probablement pensé que je ne l’entendrais plus jamais rire étant donné la gravité de son état. Vous m’avez rassuré. Vous avez redonné espoir à une maman plein d’émotions négatives. »

– citation tirée du site d’SoS Clowns

Donner un sens à la culture

Je vous ai parlé vendredi matin de cette Journée d’étude sur la médiation culturelle. Je m’y rendais avec un intérêt certain pour le sujet, mais aussi quelques doutes et interrogations, que je devais à ma connaissance floue du concept. J’espérais que cette journée me fournisse quelques bases théoriques, un historique de cette pratique, dont je verrais des exemples concrets en après-midi, lors des présentations de projets et d’organismes exemplaires.

Il y fût question d’I.Q l’Atelier et de la foule de projets qu’ils supportent depuis plus de dix ans en partenariat constant avec la communauté d’Alma. Un autre atelier a donné l’occasion à l’École Nationale des Arts de la Marionnette de démontrer l’efficacité de ses activités, notamment sur le plan communautaire. Enfin, un projet de la MRC du fjord traitait de la médiation culturelle au sein d’un milieu de travail.

Les participants étaient nombreux et constituaient une assemblée profondément multidisciplinaire. Des médiateurs bien sûr, des chercheurs universitaires, de participants aux activités de médiation, des représentants de la sphère municipale, des diffuseurs, des transporteurs… Bref, un contexte parfait pour une cogitation collective positive autour de la culture et de ses bienfaits au niveau communautaire et social. En fait, sur la façon de mettre en valeur, d’activer ces bienfaits, de concrétiser ces expériences culturelles, ces rencontres qui ont le potentiel de changer, un peu, le parcours d’une vie.

Une telle assemblée s’est avérée des plus stimulantes. Parce que les participants avaient tous, forcément, une volonté sincère de mettre en valeur l’expérience bénéfique que l’art et la création avaient eu sur eux, de la transmettre et de la faire découvrir. Des gens de tous les horizons qui cogitent ensemble sur… sur quoi au fait?

Cette journée m’a laissé avec cette conclusion que les médiateurs culturels travaillent à donner un sens à la culture, à l’art, à la création. Et ce pour le spectateur bien sûr, mais aussi pour l’artiste. L’artiste qui greffera une dimension de médiation dans sa pratique sera l’artisan actif de l’efficacité de son oeuvre. Non seulement de son efficacité mais de sa pertinence. Parce qu’une oeuvre qui ne parle à personne ne fait qu’ajouter au bruit ambiant, les artistes se doivent de chercher cette rencontre, cette signifiance de leur travail pour leurs semblables. L’artiste en médiateur accompagne lui-même son spectateur, lui ouvre sa pratique, pour que son oeuvre émane et s’adresse à des interlocuteurs ouverts et disponibles. À des collègues, presque! Ce qui n’est pas à négliger quand on a affaire à des spectateurs aussi sollicités que vous, chers lecteurs.

J’ai pu voir la véritable efficacité de la médiation dans les activités menées par Isabelle, dont c’est la spécialité ici à La Rubrique, ou celles d’Éveille ma culture. Je pense à un père à l’historique familial lourd qui vient voir Le Grand Cahier (je connais le monsieur, personne ne m’a informé sur sa situation.) Au proche-aidant essoufflé, épuisé, qui se l’entend dire par les cinq comédiens d’Une heure avant, sur une scène, devant tout le monde (bon ça dépend, des fois il n’y a pas beaucoup de monde). Au plaisir et à la proximité réjouissantes de notre 5 à 7 des abonnés où nous avions ouvert les portes des coulisses de notre dernière production.

Malgré tout subsistaient pour moi des doutes. En tant que représentant des communications, à qui il arrive de penser en termes froids de publicité, de visibilité, de taux de fréquentation, j’ai du me méfier d’instrumentaliser la médiation et ses artisans. Je crois avoir su éviter ce piège, mais de l’avoir perçu me prouve qu’il existe. La médiation comporte une dimension éthique certaine, comme toutes les pratiques sociales. Une action de médiation conduite pour les mauvaises raisons, selon des volontés étrangères aux principes d’empowerment, ne rencontrera pas ses objectifs. Elle sera un échec. Parce que la médiation est faite, comme je l’ai entendu aujourd’hui, d’une « constellation de petits gestes », d’un accompagnement sensible et suivi qui abouti à de grandes réussites, en autant qu’il soit motivé par une démarche sincère et sensible. Il faut aimer profondément ce que l’on transmet pour espérer y parvenir adéquatement. Et (re)-donner un sens à l’art et à la culture n’est pas la moindre réussite potentielle de la médiation culturelle.

Je sors donc de cette journée avec l’impression d’une avenue très large à développer, à explorer. Avec la médiation comme vecteur idéal. Si le sujet vous préoccupe ou vous intéresse, sachez qu’un groupe de recherche sur la médiation culturelle existe ici-même à l’UQAC et qu’on souhaite y intégrer des participants des milieux impliqués. Contactez Gabrielle Desbiens à Éveille ma culture (418-698-3200, poste 4166) pour plus d’information.

De bien beaux ouvreurs

Nous avons été accueillis ce vendredi matin à l’université, publique, par des portiers très courtois, aux uniformes impeccables d’un bleu profond, qui seuls pouvaient opérer les portes verrouillées de l’institution. Malgré leur politesse sans tache, une telle situation est déplorable et justifie à elle seule la protestation étudiante. Certains participants du milieu de l’éducation n’ont pas manqué de souligner l’aspect inquiétant et révoltant de cette présence. Et j’en profite pour le faire ici à mon tour. Ceci dit, ces messieurs feraient des ouvreurs formidables dans un théâtre politique…