Les Sens selon Léonard de Vinci

Les sens n’ont pas tous le même statut. Il y en a des privilégiés, d’autres mal-aimés. Certains parmi eux – à mon sens, ceux qui permettent le plus souvent d’approcher le divin – sont frappés d’un plus grand nombre d’interdits. Il y a longtemps, Léonard de Vinci le soulignait déjà:

Parmi les cinq sens, la vue, l’ouïe et l’odorat connaissent moins d’interdits que le toucher et le goût.»
Léonard de Vinci

C’est vrai. On ne dit pas souvent: « Ne vois pas ça. », « N’entends pas ça. » Et encore moins « Ne sens pas ça » (difficile de se parer contre les odeurs, faudrait en parler au personnage incarné dans le texte de Danis par Guylaine Rivard, avec sa bouteille de « sent-pu »…)

Mais « Ne touche pas ça! », et « Ne goûte pas ça! », on l’entend plus souvent, pas vrai? En tout cas, chez nous, quand je prépare le souper… Les enfants l’entendent!

Salut, les comédiens!

Ils étaient beaux.

Ils étaient beaux avant la représentation. À  dompter le trac, chacun sa façon, à rugir-gémir-éclater de rire-trembler-douter-arpenter le corridor… Dans cet état second, quasi extatique, à peu près pas reconnaissables.

Ils étaient beaux pendant la représentation, en pleine possession de leurs moyens, à prouver tout leur talent à la face du monde, changeant maintes fois de personnages en réussissant chaque fois à nous faire oublier le précédent. Malgré les changements d’univers, malgré la différence entre les langues des auteurs et les histoires qu’ils ont inventées, à suivre le rythme sans fléchir et sans s’essouffler.

Ils étaient beaux après la représentation, leur corps comme pris entre la scène et le vrai monde, revenant peu à peu à eux-mêmes, à cette joie, cette exubérance, ou à ce calme discret, ou encore à cette allure posée mais tout à la fois décidée.

Ce sont de grands comédiens. Pas seulement pour leur expérience, mais aussi parce qu’ils sont eux-mêmes des créateurs, des touche-à-tout, des passionnés.

Ils seront beaux encore ce soir. Et demain. Et après demain. De plus en plus jusqu’à la fin.

Salut, Benoît.

Salut, Guylaine.

Salut, Patrice.

Salut, Émilie.

Salut, Guillaume.

Salut, Sara.

Le gars des comm. vous lève son chapeau, au sens propre comme au sens figuré.

À votre sens…

Je me demandais (je ne m’en cache pas, j’ai cette tendance quasi malsaine à la curiosité)… Donc, je me demande: quel sens/tableau avez-vous préféré parmi ceux proposés par Les Sens? Est-ce que ça correspond à un sens que vous appréciez particulièrement exciter?

L’odorat – Michel Marc Bouchard
La vue – Sylvie Bouchard
Le goût – Pierre-Michel Tremblay
Le toucher – Jean-Rock Gaudreault
L’ouïe – Larry Tremblay
Le 6e sens – Daniel Danis

Y’a rien à gagner, parce que de toute façon, si vous pouvez répondre, c’est que vous avez déjà vu le show… C’est juste pour le fun de savoir.

Juste par curiosité.

Merde!

C’est ce soir qu’aura lieu la première de la pièce Les Sens. Voilà un stress comme je n’ai pas l’habitude de le vivre. Je me sens comme un vendeux de hot-dogs du centre Bell. Je ne peux pas faire grand chose. Sinon encourager l’équipe.

Merde aux comédiens, Émilie, Sara, Guylaine, Patrice, Guillaume et Benoît. Votre performance sera extatique.

Merde aux concepteurs. Merde aux auteurs. Merde, merde, merde.

Merde aux spectateurs. Vous serez un public en or.

Et je me merde, tiens. Merde au gars des comm.

Et on se laisse sur une honorable photo de Jacques Prévert…

Photo de Jacques Prévert prise par Robert Doisneau devant le magasin Mérode (Paris 14°).

Si vous avez un message de merde à transmettre à l’équipe, vous pouvez faire ça ici. On va transmettre.

Le toucher, la vue et Roland Barthes

Le toucher est le plus démystificateur de tous les sens, à la différence de la vue, qui est le plus magique. »
Roland Barthes

D’ailleurs, il faudra absolument voir la performance de Guillaume Ouellet et de Benoît Lagrandeur, qui incarnent le texte de Jean-Rock Gaudreault (à qui on a associé le sens du toucher) dans la pièce Les Sens.

Quant au sens de la vue, c’est Sylvie Bouchard qui en a hérité… Montrant comment Roland Barthes a pu se tromper. À moins de porter des lunettes roses, la vue n’a parfois rien de magique!