En attendant le songe d’Irina Brook

On le sait, le théâtre, c’est un art vivant. Contrairement au cinéma, à la photo ou à la plupart des arts visuels, quand il survient un imprévu majeur, il arrive que cela puisse nuire à l’œuvre. Je dis la plupart des arts visuels parce que la performance, même si elle est un art du corps en mouvement, arrive généralement à sortir grandie lorsqu’elle est confrontée à l’imprévisible.

Quand on parle d’imprévu, on en a eu un exemple flagrant dans la région avec les problèmes vécus par la production Piaf – le rôle principal d’abord joué par Sylvie Drapeau aura dû être endossé par Dominique Leduc qui a dû se retourner très rapidement pour y arriver.

C’est ce genre de situation qui a inspiré la metteure en scène Irina Brook lorsqu’elle a voulu créer En attendant le songe. La prémisse : à pied levé, une bande de techniciens de tournée (on les appelle «les artisans») doit remplacer les véritables comédiens attendus pour jouer le célèbre Le songe d’une nuit d’été de William Shakespeare. Le tout doit être fait avec les moyens du bord – et le talent qui se trouve pas très loin du bord… Cocasseries, quiproquos, ego démesuré de certains d’entre eux… Tout est déboulonné pour nous faire rire à souhait pendant toute la durée du spectacle.

Ci-bas un montage vidéo qui, s’il ne me semble pas faire honneur à toute la drôlerie de la situation, en donne tout de même le ton.

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Dans la journée, quelque chose s’était produit

Les Mauvaises Herbes / crédit Rolline Laporte

Je m’attendais à une soirée comme les autres: arriver juste à temps pour prendre le petit au service de garde, arriver juste à temps pour prendre le grand à l’école, arriver juste à temps pour faire les devoirs avec le grand, tout en préparant le souper, tout en surveillant le petit sacripant qui bouscule, qui crie, qui rage, qui rit, qui danse (sur le dossier du sofa), qui chante (à tue-tête), bref, qui théâtralise sa vie au maximum.

Mais voilà, dans la journée, quelque chose s’était produit.

Quelque chose dans la vie du plus grand. Qui briserait la routine, calmerait le rythme. Ferait de cette journée une mémorable, plutôt qu’une oubliée.

C’est que mon grand a eu de la visite, dans sa classe, pendant l’après-midi. La belle Isabelle, venue animer une rencontre à propos de la pièce Les Mauvaises Herbes (Théâtre Bouches Décousues). Je revois les grands yeux brillants de mon fiston allumé comme un pétard à mèche, déjà emballé par un spectacle qu’il n’a pas encore vu. Les mauvaises herbes par ci… Isabelle par là… Qui a dit ci… Qui a dit ça…

Les enfants sont faits pour le théâtre. Leur vie est déjà un jeu. Ils se bousculent tous les jours avec des personnages plus grands que nature. Ils vivent sous des projecteurs qu’on oublie de remarquer quand on est rendus vieux et croulants. Comme moi.

Voir ses grands yeux brillants de pétard à mèche m’a fait grand bien. J’ai même été plus patient avec les sparages de l’autre qui voulait occuper toute la scène. Comme quoi, les leçons, dans la vie, ne sont pas données que par les professeurs.

«Salut Isabelle!»

Le téléphone sonne. Lyna décroche. Puis elle me fait signe: c’est Isabelle. Alors je décroche à mon tour et, invariablement, je réponds «Salut Isabelle!». Et chaque fois ça sonne dans ma tête comme dans la toune de Jean Leloup, Vampire, quand on entend Leloup s’écrier en background «Salut Isabelle!» à exactement 4 min. 6 sec. Je dois avoir les dendrites emmêlés quelque part dans le coin de ma tête où s’est inscrit ce prénom dans mon cerveau.

Anyway, j’aime ça quand elle m’appelle Isabelle. Elle met toujours un peu de joie dans ma journée. Alors je me suis dit que vous l’aimeriez vous autres aussi. Et je suis bien heureux de vous annoncer qu’elle collaborera à l’occasion à ce blogue. C’est un personnage que vous aimerez découvrir.

Faque c’est ça. Ah, et je vous la présente dans la page L’équipe de la Rubrique. Vous allez pouvoir y voir son joli minois et en savoir plus sur ce qu’elle fait pour la Rubrique. Et bientôt, vous pourrez réagir à ses billets! C’est-y pas beau, ça?

Kiwi en supplémentaire

Ils vivent dans la clandestinité. Ce sont des marginaux, des proscrits. Ils sont dans ce décor qui se révèle quand le masque des convenances tombe, vivent là où l’hypocrisie sociale ne tient plus. Subissant les assauts de la morale et de l’immoral, ils deviennent des objets. Des manipulés. Ce qui prend tout son sens dans la production de la Tortue Noire.

Crédit: Boran Richard

Théâtre d’objet évoluant dans le contexte d’une vente de garage qui se déroule sous les projecteurs, l’adaptation de la pièce Kiwi, de Daniel Danis, arrive à la fois à bousculer, émouvoir, faire réfléchir… voire émerveille, tant le travail de manipulation s’opère avec force. Ce n’est probablement pas étranger au fait que la troupe saguenéenne ait eu les grands honneurs lors de son passage au festival Spectaculo Interesse, en République thèque, où elle a reçu la palme Gallery Chagall Award.

En supplémentaire ce mardi, 26 octobre, à 20h
À la salle Pierrette-Gaudreault
Une présentation de La Rubrique

texte | Daniel Danis
mise en scène | Guylaine Rivard
interprétation et manipulation | Dany Lefrançois et Sara Moisan
conception sonore | Michel Côté
adaptation des éléments scéniques | Martin Gagnon
costumes | Sara Moisan
éclairages | Isabeau Côté